12_2011 01_2012 02_2012

Les Aztèques

Cultura y Entretenimiento

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L'empire aztèque, à l’arrivée des espagnols en 1519, dominait la plupart des peuples du territoire mexicain. Il était parvenu à leur imposer sa langue, sa religion, et les soumettre à l’impôt. Pourtant rien ne laissait présager cette domination...

Lorsque les aztèques arrivèrent dans la vallée de Mexico, 28 états se partageaient le plateau central. Rejetés, considérés comme barbares, ils durent se réfugier dans des marécages, où en 1325 Uitzilopochtli révéla au grand prêtre que son temple devait être construit au milieu de joncs et de roseaux sur une île où un aigle dévorait un serpent. La prophétie s’accomplit et autour du temple qu’ils érigèrent allait se dresser, sur le lac Texcoco, leur capitale Tenochtitlan.
A la suite de nombreuses guerres, Tenochtitlan, Texcoco et Tlacopan conclurent une Triple Alliance qui allait établir les bases de l’empire aztèque. Très tôt, Tenochtitlan affirma son rôle militaire alors que Texcoco s’imposait en métropole des arts.

 


Lorsque Tenochtitlan est devenue capitale impériale la tribu originelle a évolué vers une société hiérarchisée. Le peuple, maceualli, reconnaissable à sa tenue blanche sans ornementation, était contraint au service militaire, à l’impôt, au travail collectif ; en contre partie il bénéficiait d’une parcelle de terrain et de l’enseignement gratuit (pour les filles et les garçons). Un humble paysan pouvait espérer parvenir aux plus hautes charges de cette société guerrière car son grade dépendait des exploits accomplis (du nombre de guerriers capturés pour le sacrifice). Distingué par l’empereur, il pouvait intégrer l’ordre des «chevaliers- aigles» (soldats du soleil), ou des «chevaliers-jaguars» (guerriers de Tezcatlipoca). Les jeunes gens du peuple pouvaient également se consacrer au service des dieux, ou encore aux professions administratives : scribes, huissiers etc.…


Les esclaves, tlatlacotin, se divisaient en plusieurs catégories : les prisonniers de guerre destinés au sacrifice ; les condamnés de droit commun ; les personnes s’étant vendues pour s’acquitter de dettes. Le tlacotli devait être nourri, blanchi, logé, traité avec douceur et nombreuses étaient ses possibilités d’affranchissement.


Les artisans d’art (orfêvres, bijoutiers, plumassiers) étaient groupés en corporations dans des quartiers distincts, avec leurs dieux et leurs rites particuliers. Respectés et bien rémunérés, ils étaient astreints de corvées.


Les négociants, pochteca, commerçant avec de lointaines provinces servaient également d’ambassadeur, ou «marchands- espions» dans des provinces insoumises et contribuèrent ainsi à l’expansion de l’empire. Aussi leurs enfants purent étudier au calmecac (collège supérieur réservé à l’aristocratie), bien qu’ il leur fût défendu d’exhiber leurs richesses.


Les dignitaires, portaient le titre de tecuhtli qu’il soient empereur, membre du grand conseil, gouverneur ou juge. Privilégiés, ces seigneurs ne payaient pas d’impôt, bénéficiaient de la distribution du tribut (vêtements, pierres précieuses), en revanche ils n’étaient pas propriétaires de leurs domaines (seulement de l’usufruit). Ils pouvaient, avec les guerriers, parader avec coiffures, emblèmes et boucliers d’apparats en plumes lors de cérémonies ou sur le champ de bataille.


Selon la tradition l’empereur était " élu ", par treize dignitaires suprêmes (membres du grand conseil),des représentants des guerriers et des prêtres, sous l’inspiration de Tezcatlipoca qui lui conférait ainsi une légitimité divine. Il arborait un diadème d’or et de turquoises et un manteau bleu-vert. Pour toute décision importante le souverain consultait le tlatoani (chef d’une cité-état" celui qui parle "), le ciucoatl (frère vice-empereur), quatre grands dignitaires et le tlatocan (le grand conseil).
La capitale, Tenochtitlan installée sur le lac Texcoco qui s’étendait sur un millier d’hectares d’îlots, chinampas, était reliée au rivage par trois chaussées surélevées et accueillait 500 000 habitants qui se déplaçaient en canots.Ses habitants se nourrissaient de maïs, de haricots, de calebasses, de tomates, de piments, de poissons etc. …A la fin du repas, dignitaires et négociants buvaient le cacao importé des terres tropicales.


Les Aztèques s’adonnaient aux jeux de hasard (de l’oie " patolli "),à la chasse aux oiseaux, aux chants, aux danses, aux déclamations de poème (en nahuatl).


La vie quotidienne des aztèques s’inscrit dans une conception religieuse du monde. Les fondements de cette société agraire et guerrière s’incarnent dans ses dieux dont le teocalli (temple), de Tenochtitlan, commun à Uitzilopochtli (dieu de la guerre) et à Tlaloc (dieu de la pluie) en est la meilleure illustration. Au panthéon aztèque se joignent les dieux des tribus asservies qui sont sans cesse renouvelés lorsqu’ils perdent la ferveur du peuple.


La " Pierre du Soleil " ou " Pierre du Calendrier " est la sculpture la plus représentative de la cosmogonie aztèque, elle rend hommage au cinquième soleil, Tonatiuh, représenté au centre du disque. Il y en eut quatre autres auparavant, le soleil de jaguar, Nahui Ocelotl, le soleil de vent, Nahui Eecatl, le soleil de pluie, Nahui Ouiauitl et le soleil d’eau, Nahui Atl (figurésdans les 4 rectangles) qui se désagrégèrent à la suite de cataclysmes : effondrement du ciel, ouragan, incendie et déluge. Aussi les dieux se réunirent-ils afin de rétablir la terre et les êtres humains.


Deux d’entre eux se précipitèrent dans le feu et parvinrent à se faire astres : la lune et le soleil. Néanmoins il fallut le sacrifice des autres dieux pour que ces deux astres puissent se mouvoir dans le ciel. Ainsi le soleil était conçu comme une énergie qu’il était vital d’alimenter pour qu’il puisse se lever chaque matin, autrement cette ère aurait été promise à la destruction.


Ici Tonatiuh, assoiffé de sang tire une langue à l’apparence de couteau sacrificiel. Des deux côtés du visageapparaît une serre agrippant un cœur humain et les vingt signes du premier anneau représentent les vingt jours du calendrier. Enfin les deux serpents du bord évoquent deux cycles de 52 ans soit 104 ans. L’actuelle humanité serait née des précieux os des mort remontés des enfers par Xolotl que Quetzalcoatl arrosa de son sang. Aussi est-il pour les macehualtin («les mérités par la pénitence»), les humains, un honneur de mourir sacrifié aux dieux qu’ils incarnent lors du sacrifice c’est pourquoi seuls les meilleurs seront sacrifiés ; lors de la " guerre fleurie " imposée aux tribus asservies, deux équipes s’affrontent dans un jeu de balle qui restitue le combat cosmologique du monde : la balle représente le soleil et la lutte qui oppose les deux équipes est une célébration du mouvement cosmique dont l’issue ne peut être que la régénérescence de Tonatiuh : le sacrifice de l’équipe gagnante.

Il existait d’autres rituels sacrificiels tels le «sacrifice du gladiateur» où un prisonnier lié par un pied devait combattre de redoutables guerriers jaguars ou aigles ; le sacrifice plus courant s’effectuait par arrachement du cœur au sommet du teocalli. Le sacrifié s’assurait d’une mort aussi noble que celle au combat et dans l’au-delà il deviendrait " compagnon de l’aigle ", surnom du soleil, qu’il suivrait dans sa course jusqu’au zénith.

Les divinités majeures du panthéon aztèque


Uitzilopochtli , dieu guerrier tribal, incarnait, selon les Toltèques, le soleil du midi. Aussitôt engendré il tua sa mère, Coatlicue (divinité de la Terre et de la Mort), ses frères (les étoiles du Sud) et sa sœur (déesse des Ténèbres).
Tezcatlipoca , " vent de la nuit ", symbolisant la Grande Ourse, aurait été l’instaurateur des sacrifices humains . Il patronnait les jeunes guerriers et les esclaves, et légitimait le pouvoir du souverain.


Tlaloc, dieu de l’eau et de la pluie, représentait avec " celle qui porte une jupe de jade "(déesse des cours d’eau), la fertilité et la fécondité.


Quetzalcoatl, " serpent à plumes de quetzal ", était le dieu de la planète Vénus, de l’Etoile du Matin et de l’Etoile du Soir ; avec son jumeau Xolotl (dieu-chien) ils représentaient la mort et la résurrection. A l’origine prêtre et souverain de Tula, Quetzalcoatl inventa l’écriture et le calendrier Selon une légende après s’être consumé dans un brasier, pour faire pénitence, il serait devenu l’Etoile du Matin ; un autre mythe annonçait son retour au levant l’année même où les espagnols débarquèrent.

Le calendrier aztèque


Les Aztèques utilisaient deux calendriers : un calendrier solaire divisé en 18 mois de 20 jours (360 jours + 5 jours maudits), et un calendrier vénusien, religieux, basé sur une combinaison de 13 nombres pour 20 signes. A chaque combinaison, étaient assignées des augures qui prédestinaient le devenir de chaque individu. Il fallait attendre 52 ans, soit un cycle, pour retrouver une même combinaison et 104 ans pour que les deux calendriers se rencontrent.

Le cinquième soleil étant voué à la destruction le jour de sa naissance (4 mouvement) les Aztèques, à la fin de chaque cycle, allumaient le Feu Nouveau afin d’entrer dans le cycle suivant.


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